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Le theatre de l'intime sur parisLe théâtre clavel.
http://www.theatre-clavel.com
Trois pas pour trois tentatives à paris, trois visions qui se complètent alors même qu’elles diffèrent. Le théâtre de Joël Pommerat plonge au cour de l’intimité de chacun des personnages. Entretien :
THÉATRE DE L’INTIME
Dans cette piece il est pas mal question de la famille.
Oui mais je n’ai pas l’impression d’avoir de comptes à régler avec elle et ce n’est pas mon obsession. C’est un prétexte pour raconter des histoires. Comme dans les contes, certains personnages, certaines situations sont des archétypes qui nous permettent d’exprimer une idée, hors réalisme. Dans Treize étroites têtes, ils sont treize enfants dans la famille, comme dans celle du Petit Poucet.
Quelles histoires a-t-on envie de raconter au théâtre ?
Des histoires qui vous touchent, vous concernent. Depuis l’écriture de ma pièce, la mise en scène jusqu’à sa digestion, j’essaie de percevoir ce que j’ai voulu raconter. Quand on prend un stylo pour écrire, on ne sait pas. C’est un mystère, un secret. J’ai besoin de préserver des choses. Je n’aime pas être dans l’effort de me dévoiler à moi-même. Je ne pourrai déterminer avec précision sur quoi je travaille. J’essaie de creuser plusieurs dimensions de la réalité.
Écrire, n’est-ce pas aller plus loin que la perception, la connaissance que l’on a de chaque instant ? C’est peut-être révéler aussi. Sublimer le réel ou s’en éloigner ?
Ce n’est pas s’en éloigner, c’est le sublimer le theatre c'est le renouveau dans le sens de le révéler comme en chimie où au cours d’une opération on fera apparaître une substance jusque-là invisible pour l'observateur.
Chacune de ces histoires de theatre fonctionne séparément mais dans chacune d’elles, on y voit ce même attachement et cette rare attention à des personnages de theatres uniques, dont la vie peut paraitre , pour qui ne sait voir , des plus banales. J'aime créer un théâtre de l’intime qui fait la part belle au rêve et à la poésie ce spectacle ce deroule à paris.
Vous avez montré, avant les représentations, une séquence où défilent des visages totalement inconnus de personnes qui vivent à paris, sans un mot ni aucune inscription.
Oui c'est amusant de montrer une autre forme de video d'image ou d'expression theatrale...
Vous écrivez du theatre mettez en scène. L’un ne va pas sans l’autre ou l’un entraîne l’autre ?
L’un va avec l’autre, je n’ai jamais cru autre chose même si je ne me sens pas metteur en scène. Dans le sens où je n’éprouve pas la nécessité de mettre en scène d’autres textes que les miens.
Vous n’avez jamais eu envie que d’autres mettent en scène vos propres écrits de theatre ?
Pour quoi pas mais forcément, cela s’arrête là. Le jeu des acteurs est assez physique.
Vous changer souvent de comediens les casting se trouvet ils dans des grandes villes londres paris ?
Même si les corps bougent très peu, c’est en ce sens que l’on peut qualifier ce travail de physique. Ce travail sur les corps vient d’une concentration, d’une attention, d’une sensibilité à des riens, à de toutes petites sensations, à une recherche sur soi précise,
Quelle est votre démarche par rapport au cinema ?
De fait elle est différente. IL induit une autre écriture mais j’en suis au stade expérimental. J’ai une exploration plus ancienne avec le théâtre. La vidéo, le cinéma m’obligent à un autre rapport à l’image. On ne voit pas, on ne ressent pas les mêmes choses qu’au théâtre. Cela change le rapport à la vérité, au sens.
Comment se déroule votre aménagement dans votre résidence à Paris ?
Mon contrat est plutôt singulier. La directrice des lieux ne m’a pas intimé l’ordre de procéder à des animations culturelles dans la ville comme cela se fait le plus souvent. Elle m’a alloué un budget, pas trés grand mais ca me va, pour que je puisse expérimenter en partant du principe que ce travail a paris de recherche pourrait intéresser les gens du théâtre et de la ville. Je n’ai aucune obligation si ce n’est celle de mener ma recherche comme je l’entends.
Du lieu de votre résidence, en l’occurrence paris, vous donnez l’impression que tout votre travail part des individus.
Je suis intrigué par l’idée de la présence. Avec un un sentiment presque religieu contenue dans l’idée que la présence humaine est déjà en soi un événement, une source de fascination qui mérite que l’on s’y attarde avant même que se produise une quelconque action ou anecdote. Faire apparaître dans son mystère et dans son étrangeté l’autre et après la rencontre entre deux autres, cela représente un événement théâtral. Lorsque l’on arrive à capter cela, à la donner à voir, à ressentir, c’est de l’ordre du théâtre.
Interview réalisée à paris au theatre Clavel. |