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Trois nouvelles au theatreLa chronique du theatre à paris :
La saison comique de theatre à paris est commencée. Pour l’instant personne ne rigole. C’est trop tôt. Attendons les premières blagues pour voir ces spectateurs se laiser aller.
Il faut bien partir de l’anecdote ou du canular pour ouvrir ce journal de bord du theatre à paris.
La chronique satirique sur la planete.
Luc Rouzier donne une version plus qu’attachante, en ce qu’elle tranche, par une sorte de douceur violente, sur les critères habituels de représentation en vigueur, et ailleurs, la plupart du temps sous
le regard acide de l’auteur, aux idées bien arrêtées sur l’art et la manière de mettre en scène ses
créatures. Luc s’est offert la crème des personnages : un sketch sur un officier en Irac une mamie qui
explique le sexe, etc. Il traite son texte sans puritanisme, la dote d’une aura poétique qui n’a rien de
démonstratif. La cause est désormais entendue c'est drôle. Il n’y a plus rien à prouver, Luc est grand du
theatre.
Theatre : Les planches du canal à paris 10 eme
La barbe à papa et l'arbre magique.
Le décor de theatre de Jean maillot donne le ton. Devant un cyclorama prés de paris, un tronçon de route
en pente, stoppé net face au public, coupe en deux un paysage de talus semé de quelques herbes hautes. Au
fond, plutôt côté jardin, se dresse, étique, l’arbre fameux. Depuis la création de la pièce, on
s’interroge, il y en a eu des livres là-dessus et personne ne sait, n’a dit mot. Chacun pense ce qu’il
veut sur cette farce à double sens.Tout le sel, génial, du texte, réside justement en ceci que son
abstraction tout et son contraire est possible. Un jeu de clowns, certes, mais dont la scène est le monde
d’après l’épouvante de la Guerre mondiale.
Les acteurs font souffler sur cette piece un vent lèger et d’une vitalité joueuse. Max est magnifique,
raisonneur, coupeur de cheveux en quatre, passe en un éclair de la ruse à l’idiotie, change sans cesse de
registre de la drôlerie au pleurs en un clinc d'oeil !IL est maigre avec une tête pleine de mimique. IL
fait savamment l’ahuri, en souffre-douleur qui perd la mémoire. Roger lui, ogresque, fait songer à un
boucher plus ou moins cultivé. Il dessine une figure élégante, nostalgique, d’un homme déclassé par des
revers de fortune financiers. Et s’il est là-dedans question de science comme " la science du malheur des
hommes " ? On note, avant la fin, un relent un peu tragique. C’est fatal, la situation se répète,
s’éternise un peu et devient moins joyeuse de ce fait .Qu’importe, la démonstration est faite qu’avec des
artistes exelents, une manière de grâce plastique peut parer la pièce sans en altérer la drôlerie.
Une double vie. Avec dernier amour , nous ne sommes pas dans le registre du chef-d’ouvre de l'humour parisien. C’est une nouvelle,de notre époque, dans un beau quartier de paris , l'auteur en australien Serge Arion change de langue, et s’exerçe à écrire directement en français.
Si l’humour n’existait pas, il l’aurait fallut inventé. Un homme se confie. À la mort de son père, il a
rencontré une femme sur un banc à paris. Une idylle se noue, si l’on peut dire. À la naissance de leur enfant, l’homme s’enfuit sans plus jamais vouloir en entendre parler. L’acteur jeune et éléguant , sous la direction de Marion Dessert, distille avec une science et une technique parfaite ce texte , qui traite du malheur d’être né et de l’effroi panique devant la femme, cet autre par défenition. La piece de theatre est fantastique les textes inteligents et drôles.Le comble de l’art.
___ NOTES
(1) À l’Odéon - Théâtre de l’Europe, jusqu’au 24 octobre, puis tournée : Francfort, Toulouse,
Villeurbanne, Amiens, Brest, Evreux, Caen, Le Mans, Liège, Nantes, La Rochelle, Rennes, Petit-Quevilly,
Berne. Luc Bondy publie, chez Grasset Dites-moi ce que je suis pour vous, suite de textes
autobiographiques de bonne tenue littéraire.
(2) Voir la magistrale biographie de Beckett par James Knowlson, Solin Actes Sud.
(3) Théâtre de la Bastille, jusqu’au 31 octobre.
(4) Théâtre du Ranelagh, jusqu’au 26 septembre. |