Molière : Dom Juan
Molière : Dom Juan
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Comédie en cinq actes créée au Palais-Royal à Paris en 1665.<p data-start="181" data-end="269"><strong data-start="181" data-end="204">Molière (1622–1673)</strong><br data-start="204" data-end="207"><strong data-start="207" data-end="219">Dom Juan</strong><br data-start="219" data-end="222">Une production de la <strong data-start="243" data-end="269">Compagnie MadeMoiselle</strong></p> <p data-start="271" data-end="684"><strong data-start="271" data-end="287">Distribution</strong><br data-start="287" data-end="290">Xavier Gallais — Dom Juan<br data-start="315" data-end="318">Vincent Winterhalter — Sganarelle<br data-start="351" data-end="354">Irina Solano — Elvire, Le spectre<br data-start="387" data-end="390">Pascal Ternisien — Dom Luis, Monsieur Dimanche<br data-start="436" data-end="439">Jeanne-Marie Lévy — Une libertine, musicienne [mezzo-soprano]<br data-start="500" data-end="503">Xaverine Lefebvre — Charlotte, Une libertine, Le Commandeur<br data-start="562" data-end="565">Khadija Kouyaté — Mathurine, Une libertine<br data-start="607" data-end="610">Joaquim Fossi — Dom Alfonse, Pierrot<br data-start="646" data-end="649">Anthony Moudir — Dom Carlos, Gusman</p> <p data-start="686" data-end="1027"><strong data-start="686" data-end="707">Équipe artistique</strong><br data-start="707" data-end="710">Mise en scène : Macha Makeïeff<br data-start="740" data-end="743">Lumières : Jean Bellorini, assisté d'Olivier Tisseyre<br data-start="796" data-end="799">Son : Sébastien Trouvé, assisté de Jérémie Tison et Frédéric Guillaume<br data-start="869" data-end="872">Maquillages et perruques : Cécile Kretschmar<br data-start="916" data-end="919">Mouvement : Guillaume Siard<br data-start="946" data-end="949">Assistante mise en scène : Lucile Lacaze<br data-start="989" data-end="992">Assistante costumes : Laura Garnier</p> <p data-start="1029" data-end="1264"><strong data-start="1029" data-end="1049">Équipe technique</strong><br data-start="1049" data-end="1052">Régie générale : Claire Thiebault-Besombes<br data-start="1094" data-end="1097">Régie plateau : Marine Helmlinger<br data-start="1130" data-end="1133">Machiniste accessoiriste : Jeanne Doireau<br data-start="1174" data-end="1177">Régie costumes : Mathilde Boffard<br data-start="1210" data-end="1213">Régie maquillage et coiffure : Françoise Chaumayrac</p> <p data-start="1266" data-end="1366"><strong data-start="1266" data-end="1280">Production</strong><br data-start="1280" data-end="1283">Administration de production : Pauline Ranchin<br data-start="1329" data-end="1332">Diffusion : Pascale Boeglin-Rodier</p> <p data-start="1368" data-end="1471"><strong data-start="1368" data-end="1383">Opéra Royal</strong><br data-start="1383" data-end="1386">Spectacle en français, non surtitré<br data-start="1421" data-end="1424">Durée : 2h30 sans entracte<br data-start="1450" data-end="1453">À partir de 10 ans</p> <hr data-start="1473" data-end="1476"> <p data-start="1478" data-end="1539"><strong data-start="1478" data-end="1500">De beaux désordres</strong><br data-start="1500" data-end="1503"><em data-start="1503" data-end="1539">Note d'intention de Macha Makeïeff</em></p> <p data-start="1541" data-end="2153">Par un glissement sémantique autour de la figure du libertin, mon <em data-start="1607" data-end="1617">Dom Juan</em> sera très sadien, très XVIIIe siècle français, avec une odeur de lit défait, une atmosphère <em data-start="1710" data-end="1732">Liaisons dangereuses</em> et un élégant cynisme transgressif et jouisseur. Sade, parce que chez cet autre " grand seigneur méchant homme ", il y a plaisir à faire le Mal, à mettre en scène son impiété, ses dérèglements. Dom Juan, tel que je l'imagine, est un homme traqué, reclus, maître du travestissement et du mensonge. Il vit dans un monde déjà prêt à basculer — celui d'une société au bord de la Révolution, entre privilèges et effondrement.</p> <p data-start="2155" data-end="2547">Dom Juan a son Sganarelle comme Sade avait son Latour : un complice, un miroir, un témoin de ses frasques sacrilèges. C'est une relation d'amour-détestation, un jeu pervers de domination et de fascination. Mon <em data-start="2365" data-end="2375">Dom Juan</em> est au bord du gouffre, blasphémateur incandescent, solitaire. Il tient ses comptes amoureux comme on dresse un bilan de conquêtes : jouir du corps féminin, puis l'avilir.</p> <p data-start="2549" data-end="2786">Mais le ciel est vide. Et c'est la société des hommes qui se chargera d'éliminer ce trouble-fête. Un complot se noue — familial, peut-être — et la vengeance d'une femme s'approche : " Appréhende au moins la colère d'une femme offensée ".</p> <p data-start="2788" data-end="3046">Le personnage d'Elvire est à revisiter. Je veux l'imaginer puissante, ambivalente, dangereuse, sublime — au-delà du chagrin. Elle incarne une révolte contre un destin imposé par le désir tout-puissant d'un homme. Sa douleur devient arrachement, insoumission.</p> <p data-start="3048" data-end="3631">Je monte <em data-start="3057" data-end="3067">Dom Juan</em> après <em data-start="3074" data-end="3084">Tartuffe</em>, joué plus de cent fois, car les deux pièces dialoguent autour de la transgression. Molière écrit un <em data-start="3186" data-end="3196">Tartuffe</em> en trois actes frappé d'interdit, puis <em data-start="3236" data-end="3246">Dom Juan</em> censuré rapidement, puis <em data-start="3272" data-end="3282">Tartuffe</em> en cinq actes. C'est un cycle. Et mon regard, cette fois, sera un point de vue de femme : où en sommes-nous de la séduction, de la trahison ? Ce <em data-start="3428" data-end="3438">Dom Juan</em> interroge le désir, la prédation, le consentement, la rébellion — et l'assujettissement. Il dit encore la jouissance jusqu'au Mal, le mystère masculin face à moi, qui ne cesse de m'interroger.</p> <p data-start="3633" data-end="3758">Ce spectacle, malgré — ou avec — son tragique, laisse aussi éclater les joies d'une grande comédie : un rire franc, éclatant.</p>
