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A QUEL DIEU PARLES-TU? DU SLAM A NOVARINA

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Theatre spectacle : A QUEL DIEU PARLES-TU? DU SLAM A NOVARINA
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« Incongruit, l’trange fantaisie qui pousse à rapprocher le slam de Valère Novarina ? Et pourtant. Au delà des catgories artistiques et littraires bien cadenasses, pour qui est familier de la langue de Novarina et de la langue de Dgiz, pas de doute : c’est le souffle qui porte la langue, c’est une rythmique organique qui en modèle les priodes oratoires, l’expir et le pouls qui en sont la fabrique la plus enfouie en nous. Et encore : le son de la langue. Le sens du son, qui bouscule le sens du signe. La profration sonore, qui met sens dessus dessous les alphabets. Novarina, comme Dgiz, chacun à sa manière, se retrouvent dans le son de la langue, dans ces oraisons d’analphabètes auxquelles Novarina arrive en remettant en jeu toute sa vaste culture, et auxquelles Dgiz arrive à partir d’une recherche de cette langue qui ne lui a pas t donne prte à l’emploi dès le dpart. Dgiz n’avait pas lu Novarina. Mais ses extraordinaires jaillissements verbaux rythmiques, models à l’origine par le flow du rap et voluant vers une posie libre, empruntent souvent à des figures que Novarina affectionne : la liste, l’numration, la transformation parodique des rfrences littraires ou religieuses, comme la prophtie, le proverbe, ou l’action ; et surtout, peut-tre, le goût de la nomination, pouvoir dmiurgique de cra- tion par le nom d’tres fictionnels. En dcoulent chez l’un comme l’autre d’autres consquences : la satire sociale et la critique des pouvoirs, ou la recherche d’un sacr sans appartenance. Capitaine Slam, c’est une autre histoire, qui naît ici encore du son de la langue : car voici que le français toulousain mâtin de langue d’oc de Capitaine Slam s’lance avec un autre rythme. La rminiscence qui pointe ici est celle de l’em- preinte de la langue d’oc, celle de Fabulous Trobadors et de Nougaro, qui renvoie elle-mme à la trame musicale commune des langues romanes. Capitaine Slam crit ses textes, mais lui aussi sait les profrer, les ructer ou les dire en retrouvant le souffle. Il s’est assimil à l’ex- trme la langue de Novarina, qu’il a dcortique en exgète averti jusqu’à plus soif – et il va maintenant devoir s’en dtacher. Alors, faut-il pour autant se permettre un rapprochement entre le slameur-poète-acteur-improvisateur ex rappeur, le slameur occitano–novarinien et l’auteur-entr-de-son-vivant-au-rpertoire-de- La-Comdie-Française ? Et que faites-vous donc du diffrentiel de notorit ? C’est bien la question que Royaumont leur pose. Que la communaut de souffle et de verbe qui les relie par delà les barrières culturelles et sociales, puisse aboutir à une authentique cration, tout l’enjeu de à quel dieu parles-tu ? est là. » Frdric Deval


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